Capital relationnel

Posted in Uncategorized on 25 septembre 2010 by mabasco

Je suis un angoissé des relations sociales. Encore un truc qui doit dater de ma 4e, quand ce connard de Nicolas R. m’a pourri mon année. Ca a commencé parce que mon best bro Alex a redoublé sa 5e et que je me suis retrouvé dans une classe avec plein de gens qui étaient un peu racaille, un peu cons, que j’en aimais aucun et que connement, j’ai pas cherché à m’intégrer. Cible isolée donc facile pour des petits cons qui cherchaient à emmerder quelqu’un. Bon il paraît que j’étais assez bizarre donc que des fois je l’avais un peu cherché mais quand même, je pense pas avoir mérité qu’on vienne me faire chier à chaque fois que j’avais un moment de libre. Ils venaient toujours à trois, se foutre de ma gueule, et comme j’avais pas de pote dans cette classe, et que ça avait l’air de déranger personne (j’ai appris après que c’était aussi qu’ils étaient pas au courant vu que justement ils s’arrangeaient pour venir me voir quand j’étais seul), j’ai fait ma victime en partant du principe que toute la classe était contre moi.

Enfin bref, on était tous des petits cons. Mais 14 ans c’est un peu un âge charnière je crois, c’est le moment où les groupes de potes deviennent mixtes et que tu commences à boire et à fumer, à sortir avec des gonzesses (c’est en gros hein. Je dis pas que y en a pas qui le font avant, je pense juste que ça aurait pu commencer à ce moment-là pour moi), bref à faire ton grand, et avoir un avant-goût des relations humaines telles qu’elles seront plus tard. Parce qu’avant tu vois c’est encore l’enfance, et ça vient naturellement, tu te poses pas trop de questions.

Quand j’ai fini de tirer la pire année de ma vie je suis passé en 3e, et j’avais pris de bonnes résolutions, je me suis dit bon y a des chances que je tombe encore sur une classe de racailles que je connais pas mais faut pas juger et essayer de se faire des potes. Ou au moins d’avoir une entente cordiale dans la classe. J’ai plus ou moins bien réussi mais j’étais djà niqué dans ma tête, j’étais déjà en décalage, j’avais pas de groupe à moi, je passais de l’un à l’autre toutes les 5 minutes parce qu’en gros j’étais jamais dans le trip. Et puis je me posais des questions, trop de questions, je passais mon temps à fantasmer une autre vie dans laquelle j’avais des vrais bons amis, où je sortais avec cette fille, tout ça. Je me demandais toujours si untel m’appréciait vraiment, si je pouvais aller lui parler sans le déranger, si ça allait lui faire plaisir de me voir. Ca fait que j’étais emprunté, pas naturel, que je faisais des blagues à côté de la plaque, et je refusais de comprendre qu’il y a des gens qui ne m’aiment pas ni ne me détestent, mais juste s’en foutent de ma gueule.

Et ça continue vachement aujourd’hui, je psychote encore quand je fais une gaffe, que je suis à côté de la plaque, je me crois revenu en 4e, je suis le mec on sait pas trop ce qu’il fait là avec sa gueule tordue, ses blagues incompréhensibles ou lourdes, ses sujets de conversation qui n’intéressent que lui, même dans sa propre famille. J’ai un irrésistible besoin d’attention, j’ai envie qu’on ait une opinion sur moi, de préférence bonne mais si tu me détestes ça me donne une excuse pour pouvoir te détester en retour alors ça va encore. Je remarque encore vachement quand on m’ignore ou qu’on me fout un vent, je psychote encore sur si ça va pas faire chier d’envoyer un DM à @machin ou @truc vu que je sais pas ce qu’ils pensent de moi au fond, est-ce que ça passe si j’appelle unetelle juste pour prendre des nouvelles alors qu’elle est pas lointaine avec moi mais presque, est-ce que j’ai pas fait mauvaise impression en proposant à une autre de faire un truc genre collaboration dessin/texte avec moi alors que ça a l’air tendu pour elle en ce moment.

J’ai vraiment en gros problème avec ça, je vous demanderai juste un peu d’indulgence parce que depuis 6-7 ans j’essaye de me convaincre que c’est pas grave, qu’il faut que je me focalise sur les gens qui m’aiment bien, que j’accepte qu’il y a des gens avec qui j’ai rien à faire, que je ne peux pas toucher tout le monde. Que si quelqu’un est lointain avec moi c’est pas que je suis un gros con (pas forcément) et qu’il faut d’abord que je me préoccupe d’être quelqu’un de bien avant de penser à la façon dont ils vont me percevoir. C’est comme la BD : si les gens s’intéressent à moi, ça me booste pour y bosser, mais si personne ne le fait je laisse tomber, du coup personne ne peut s’y intéresser. Ma vie est remplie de ce genre de cercles vicieux que je me crée tout seul, simplement en voulant être quelqu’un de cool, pas trop loser. Si je respirais un bon coup et que je laissais les choses venir, ça marcherait mieux. Et ça va mieux depuis un certain temps. Depuis que j’ai des potes, une copine, je suis moins stressé sur ça, du coup j’ai plus de facilité à me faire d’autres potes et je sens que si je me mettais à draguer limite je pourrais en tomber des pas mal.

On ne prête qu’aux riches. On n’aime que les gens qui sont déjà aimés. En 4e j’aurais pu me faire un capital relationnel, j’ai laissé passer le coche. Tant pis, mais depuis un certain temps j’ai l’impression que ma vie ne commence que maintenant, et je regrette le temps perdu. A partir de maintenant faut juste que je sois plus détendu. Que je me pose moins de questions. Mmh.

Ca ira mieux demain.

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Une petite BD

Posted in Uncategorized on 27 août 2010 by mabasco

Bon alors j’ai passé une paire de jours chez un pote, j’lui ai fait un storyboard, il a dessiné, c’était cool. Même si bon, l’histoire en elle-même casse pas des briques, c’était quand même agréable à faire.

Mec

Posted in Uncategorized with tags , , , on 15 août 2010 by mabasco

Un pote m’a demandé un scénar de BD. Ya toute une méthode pour écrire un vrai scénar de BD, j’ai préféré m’en foutre. C’est donc une libre interprétation de la chanson « Mec » d’Allain Leprest, dont j’aime surtout beaucoup  la reprise de Loïc Lantoine. Le pote en question dit beaucoup « mec ».

Séquence 1 :

Image : Deux ados, l’un grand et réservé, calme et fort, l’autre, une tête de moins, l’air chafouin et gouailleur, ils se fument des clopes en faisant le mur de l’école. Ils draguent la même fille dans un café miteux, qui a l’air goguenarde. Ils se battent pour elle, mais se rendent vite compte qu’elle est partie avec un autre grand con. Du coup ils se battent contre lui aussi, pendant que la fille regarde, effrayée, puis vont noyer leurs blessures dans une bouteille en rigolant.

Texte : Mec, tu t’souviens, on était beaux, hein ? Avec nos mèches au vent, on la jouait mauvais garçons, on claquait le fric de nos parents dans tout ce qui était mauvais, putain, tu t’souviens toutes mes conneries mec ? Ben non, forcément, j’en disais tellement, et toi t’écoutais avec toujours cet air de me pardonner. T’étais bien le seul, tiens.

Séquence 2 :

Image : Les deux sont plus vieux.Genre la vingt-cinquaine. Le grand lit le journal à la terrasse du même café, l’autre lui raconte des conneries, deux jeunes femmes arrivent, ont l’air de l’engueuler pour quelque chose dont il essaye de se dépêtrer, sûrement une histoire de coucherie. Le grand sort son harmonica, commence à en jouer tandis qu’une jolie fille à l’air sage vient s’asseoir sur ses genoux, l’écoutant. Le petit se rassoit, l’air très contrarié, s’allume une clope, le patron leur apporte des cafés.

Texte : Mec toi t’avais la musique, t’avais Emilie, moi j’les comptais plus et je jouais que du violon, ça me faisait d’autant à t’raconter. C’est dur d’être gouailleur comme moi, à côté d’un mec comme toi. Mais tu m’a appris plus de choses que l’inverse, il me semble bien. Mec j’te l’ai jamais dit, j’étais presque amoureux, mais j’te le dirai jamais. Emilie était bien assez jalouse de moi comme ça. Alors entre deux cahouètes sur la terrasse du Pierrot, je te ressortais les mêmes bons mots, et toi tu souriais, et ça m’rendait heureux, tu peux pas savoir, mec.

Séquence 3 :

Image : Sur le journal, une photo d’armées en marche, ça parle de guerre. Ils montent dans un camion militaire. La fiancée du grand est là, contenant sa tristesse, tandis qu’une dizaine de filles se moquent du petit, qui leur fait une révérence et leur jette un bouquet, qu’elles lui balancent à la gueule. Cettte fois il n’en perd pas le sourire, mais dans le camion, les deux amis se jettent un regard effrayé. Explosions et morts, le grand, nonchalant, joue de l’harmo dans une tranchée, un soldat ennemi se jette sur lui avec un couteau. Le petit lui met un coup de coude, s’ensuit une mêlée, le petit ceinture l’autre soldat, tandis que le grand l’éventre, le sang et les tripes jaillissent, ils regardent horrifiés la mort s’emparer des yeux du soldat, qui a soudain l’air moins féroce, plus humain, jeune. Les amis fument en tremblant, le petit raconte des conneries pour réconforter son pote. On voit la boucherie tout autour, l’harmonica qui gît dans la boue.

Texte : C’était le bon temps hein mec… Les heures noires, on les a connues ensemble, comme tout le reste d’ailleurs. La fumée s’élevait plus de nos clopes, et moi j’embobinais plus les filles, juste les galonnés, c’était toi qui me sauvais la vie quand même. Quand j’ai pu te le rendre, tu parles que je me suis privé.La guerre c’est pas marrant, poil aux dents. Avant la fin on était plus les mêmes mecs. Mais je noyais toujours ma tristesse dans les mots, toi tu étais assez silencieux pour deux, mais ça disait la même chose, et puis la vie continue, hein mec ?

Séquence 4 :

Image : A la terrasse du bar du départ, devenu un PMU. Le petit, devenu vieux, les cheveux filasses, la face burinée, fume des gitanes maïs en regardant son petit blanc. Il sort, la patronne lui rappelle son ardoise, sur la terrasse deux jeunes fringants et mauvais genre lorgnent vers une donzelle bien sapée qui fume en lisant un polar. Il passe devant leur vieille école, où une fille passe à travers le grillage tandis que son copain l’attend sur un scooter. Au cimetière, il pose un harmonica sur une tombe. Il s’allume une dernière clope en regardant la tombe de son ami, reposant au côté de sa femme.

Texte : Mec ! Toujours silencieux, j’entends quand t’es pas là. Ca m’fait presque comme une main qui m’manque. Moi j’finirai seul, pas comme toi mec, toi t’as toujours su t’entourer, du coup j’ai la fierté d’en avoir été, du bateau de ta vie. J’aurais été la vigie, ou le mousse, selon l’humeur. Toi t’as toujours été un capitaine, mec, la petite musique de ton harmo qui faisait comme des ordres lancés à la mer. Mec on a tout vécu, et sans toi c’est pas vivre. Mec… Je fumerai bientôt les clous de mon cercueil, alors file-moi une dernière clope, mec, pour me clouer le bec.

Loïc Lantoine – Mec

Mange ta merde et meurs, pute

Posted in Uncategorized with tags on 13 août 2010 by mabasco

J’aime bien tout ce qui est un peu dégueulasse. Genre le mot « dégueulasse », c’est à la fois écoeurant et infantile. Les gros mots en général m’attirent, parler de cul juste pour le plaisir de dire « cul », savourer un « merde » ou un « putain », sachant qu’il y en a que ça rebute. Ca m’amuse pas particulièrement de rebuter, au contraire, je trouve ça dommage que ces gens ne sachent pas apprécier ces menus plaisirs.

J’aime bien ce qui est un peu mauvais esprit, j’ai un faible pour les haters, ces gens qui s’y connaissent tellement qu’ils sont dégoûtés de l’inculture de la masse, qui se sentent obligés de cracher à la gueule de tout le monde que leurs goûts sont pourris, à grand renforts d’arguments, c’est ça qui est pire. C’est pour ça que Spider Jerusalem est tellement génial, il te pourrit et te hait, mais t’as de bonnes chances d’en ressortir grandi. Je suis pas en train de dire que je crois tout ce qu’ils me disent. C’est juste que j’aime bien les écouter.

J’aime le sexe. Sérieux. Et en parler c’est pas la dernière des choses que j’aime, là-dedans. Surtout avec les filles. Sérieux, voir (ou regarder twitter) une jolie frimousse te déverser des insanités, c’est le genre de trucs qui me tient éveillé la nuit, pendu à une webcam ou au chat Facebook, ou à un verre de chartreuse. En parlant de chartreuse y avait un bouquin que j’aimais aussi, Âmes Perdues, de Poppy Z. Brite, la fille qui te rend érotique un zombi en train de bouffer des entrailles. C’est pas dans ce bouquin-là en fait. Mais bon, l’idée c’est de trouver du sublime dans ce que les croquants trouveraient vulgaire, mais pas dans une optique « haha je vaux tellement mieux qu’eux », plutôt « qu’est-ce que je peux faire pour les pervertir ? ».

Sur mon ancien blog, le blog BD, je pouvais pas sortir des trucs comme ça, et ça me pesait. Ma mère et ma soeur, et des amis aussi, le lisaient, j’avais pas trop trop envie de partager ce genre de choses comme ça n’importe quand, au détour d’un clic, avec eux. C’est bizarre cette histoire de pudeur. Je dis à des totaux inconnus des trucs que je dirais pas à quelqu’un qui a torché ma merde. C’est comme le fait que ça me dérange pas d’être nu alors que les rideaux sont pas tirés, je veux dire, les voisins peuvent bien regarder, qu’est-ce que j’en ai à foutre au fond. Par contre, je me montre pas nu à des connaissances ou à ma famille (malgré le fait que j’aie un père Allemand donc vachement plus décomplexé par rapport à la nudité).

J’adore le mot « pute ». D’ailleurs je vais vous laisser sur celui-ci. Pute pute pute pute pute.

Handicap

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 9 août 2010 by mabasco

Je suis handicapé. Les gens me posent assez régulièrement des questions là-dessus. Je pense que c’est un des rares sujets sur lesquels j’ai une certaine légitimité à m’exprimer, et peut-être dire quelque chose d’intéressant en passant.

Bon déjà je vais dans une première partie exposer en quoi ça consiste pour moi mon handicap. Et puis je répondrai à quelques questions qui reviennent. Genre si c’est pas trop dur la vie tous les jours. Et puis je répondrai à une question qu’on m’a posé qu’une fois mais qui m’a tellement plu que le mec qui l’a posé est devenu un de mes meilleurs amis EVAR.

Je ferai pas de conclusion, c’est pour les tas de bois tout ça.

Mon handicap c’est de naissance, déjà j’ai pas le même vécu que pas mal de gens en fauteuil que je connais. J’ai une colonne vertébrale un peu raccourcie, et on m’a expliqué que quand t’es dans le ventre de ta mère, ton corps se construit à partir des nerfs, et les nerfs partent de la colonne, ce qui fait que mon corps est atrophié à peu près à partir du sacrum. Certains tendons sont trop raides, je ne peux pas vraiment écarter les jambes ou plier le genou à plus de 90°. Ensuite, niveau conséquence, je peux me déplacer debout, j’ai pas de problème de motricité au niveau des bras et du torse, j’ai des abdos. Je ne suis pas à ma connaissance handicapé mentalement, j’ai des sensations et même un peu de muscles dans les jambes. Tous ces trucs réunis font de moi ce que mon père appelle « un handicapé de luxe », c’est à dire que je ne suis pas très handicapé. Je vous raconte tout ça pour que vous sachiez que je sais que je suis un cas un petit peu à part, sachant qu’il n’y a que des cas à part quand on parle de ce genre de choses. Que je suis un peu privilégié. Le handicap ne m’handicape pas beaucoup dans la vie. Ce qui m’amène à ma deuxième partie :

Ca doit pas être facile tous les jours. J’ai pas tout dit, y a certains trucs un peu dégueu que je raconte qu’à partir d’un certain niveau d’intimité, et ouais, c’est un peu relou pour trouver un club de sport, mais dans l’ensemble ça va. Les gens sont sympa dans la rue. Des fois un peu trop. Sérieux si je demande pas d’aide c’est que j’en ai pas besoin. Ou alors tu peux me proposer ton aide. Mais ne me l’impose pas, s’il te plaît, et si je te dis que c’est bon ça va, n’insiste pas. Je sais que ça part d’un bon sentiment et que je donne des fois l’impression de galérer pour ouvrir une porte, mais c’est juste chiant que tu viennes me l’ouvrir alors que je peux le faire tout seul, même si ça me prend un peu de temps et d’effort c’est gratifiant de pouvoir faire ce genre de choses quand c’était pas gagné à la base, viens pas me pourrir mon groove. Merci. Nan mais sinon, sérieux, ça change pas tant de choses que ça j’ai l’impression.

Comment tu fais pour te déplacer ? Pour la question de la mobilité, je suis encore assez bien tombé, je roule en fauteuil pour les longs trajets (comme un fou. Les gens osent pas trop gueuler mais je me mange quand même des sales regards. M’en fous, ça fait depuis le collège que je rentre plus dans personne), j’aime bien, c’est un sport de glisse comme un autre au fond, ça me fait des jolis bras. Et à l’intérieur, quand je dois pas rester trop longtemps debout (j’ai du mal à tenir plus de dix minutes, j’ai vite mal au dos), je suis en cannes anglaises (je déteste le mot béquilles), j’arrive à tenir debout et même faire quelques pas sans, mais c’est pas vraiment pratique. Marrant, quand les gens utilisent l’expression « cloué sur un fauteuil roulant », je pense moi c’est l’inverse, le fauteuil je maîtrise complètement, je fais le fou avec, je suis libre dans la rue quand j’ai mon fauteuil, je kiffe. A Lyon j’ai aucun problème avec le métro, à part à cette pute de Saxe-Gambetta, quand pour reprendre direction Part-Dieu y a ni escalator (je maîtrise l’escalator aussi, il paraît que c’est interdit, je m’en contrebranle) ni ascenseur et que dois demander aux gens autour, sachant qu’il faut que j’anticipe, ces cons ils se barrent rapidement et après je dois attendre la prochaine fournée. Sinon j’ai mon permis depuis Noël, je l’ai passé en conduite accompagnée, c’est facile, y a un cercle t’appuies dessus ça fait accélérateur, et une manette à côté, pareil t’appuies et ça freine, et tu t’en branles des vitesses, c’est une automatique.

T’es pas des fois discriminé à cause de ça ? Heureusement pas trop. Ce genre de connards est rare, il existe, mais je pense qu’au final, le handicap est assez tabou pour que les gens aient plutôt envie d’être spontanément un peu plus gentils avec moi qu’avec quelqu’un d’autre. C’est pas tout à fait mauvais en soi, hein, juste un peu embarrassant. Un des trucs qui font que j’ai un caractère un peu tape-à-l’oeil : j’ai envie que les gens se fassent une « vraie » opinion de moi, quitte à ce qu’ils me détestent, donc je montre directement mon côté exubérant et hum, « radical », j’ai pas mal de réactions de rejet ou de mal à l’aise, mais au moins, j’ai assez vite dépassé le côté « oh le pauvre à peine 20 ans il est en fauteuil ah là là ça doit être bien triste ». Il y a des gens sur lesquels cette méthode ne marche pas du tout. Ca fait quelques années, j’allais chez un kiné à côté de chez moi, et chaque semaine je tombais sur un couple de vieux, le mec, avec son béret et son veston avec toujours ses médailles accrochées, droit et digne, allait chercher sa vieille qui faisait sa rééducation. Et à chaque fois que je les croisais, il me faisait en prenant sa vieille à parti, « ah là là c’est triste, un jeune gars comme vous, moi ça me fait mal au coeur » et j’avais beau lui expliquer, que c’est pas pour ça que je pouvais pas avoir d’amis, ou bien tomber amoureux, ou réussir professionellement, lui voulait absolument se sentir triste pour moi. Très horripilant. Cela dit, j’ai le même genre de réflexes devant un mec tétraplégique ou handicapé mental. Je crois que je suis passé trop près de l’être (les médecins disaient avant que je naisse qu’il y avait de grandes chances que j’ai des problèmes cardiaques et respiratoires, du genre à devoir vivre avec ma bonbonne d’oxygène) pour être à l’aise. Vivre dans un centre pour handicapé, j’ai beau me dire que c’est pas la mort, ça me dégoûte. Après c’est comme le racisme ou l’homophobie, c’est des réflexes contre lesquels j’essaie de lutter. M’empêcher de faire de la discrimination positive aussi. Je suis tellement souvent dans la position du mec faible que j’ai pas envie de leur faire ressentir la même chose. Ca marche aussi avec les femmes. Le sexisme ordinaire ça marche sur le même principe que la pitié envers les handicapés. C’est aussi pour ça que j’adore l’humour raciste, mysogine, et surtout l’humour noir sur les handicapés. Parce que j’aime pas que ça soit un tabou. Et que le meilleur moyen pour désamorcer ça c’est d’en rire, tant que t’as un minimum de conscience derrière.

Maman, il a mal le monsieur ? Non. (je précise que jusqu’au lycée à peu près, je recevais du « petit garçon », probablement parce que je ne dépasserai jamais 1m50, MAIS ENFIN BON QUOI MERDE PUTAIN) C’est pas parce que j’ai des jambes malingres et genre tordues qu’elles me font mal. Je vais pas me taper de la Vicodin toute la vie, merci bien. Aussi, toutes les versions de « Papa, pourquoi il est en fauteuil » ou « Mamie, le monsieur il est handicapé » où là les parents essayent d’expliquer à leur gosse qu’il faut pas en parler trop fort et que ça va me gêner (pas faux, jusqu’à un certain âge ça m’emmerdait. Plus maintenant, maintenant je me dis que c’est bien humain, j’ai fait pareil chuis sûr, qui suis-je pour juger, que celui qui n’a jamais mis une pierre dans l’oeil de son voisin me jette la première poutre), tout en le tirant pour l’emmener plus loin depeur que je leur jette un regard noir #mortdelol. Honte, honte. Nan le pire, c’est le gamin qui te fixe sans rien dire, genre t’es une bête de foire. Et tu le fixes en retour pour qu’il comprenne que c’est pas poli. Et lui il s’en fout. Ah le bâtard. Le prochain j’le nique, genre je lui tape la honte devant ses parents et après il se mange une raclée. Ouais, je fais ça. Enculé. « Des angkulays d’engfang ! »

Et là, je crois que je vais me fendre d’une bonne petite logorrhée pour une question que j’adore. Elle m’a été posée par un gars que je connaissais pas vraiment, genre juste après de la question rituelle « si ça te dérange pas d’expliquer, pourquoi t’es en fauteuil », et ça m’a vraiment surpris. Mais le côté sans gêne, ça m’a plu, et en plus c’est une question à laquelle (vous vous en doutez) j’ai pas mal réfléchi. Y a un an j’avais pas grand chose à répondre, mais maintenant j’ai pécho des XP et levellé ma race, donc je peux un peu plus répondre.

Ca change quelque chose pour ta vie sexuelle ? Hahahahahahahahahaha, Robin, si tu me lis, j’te kiffe à l’intérieur mec. Alors. Bon déjà. C’est la question que pas mal de gens doivent se poser mais ils me le disent jamais. Après, comme j’ai des jambes toutes moches et que je suis en fauteuil, à part les fétichistes, et malheureusement j’en ai pas croisé pour l’instant, c’est dommage, la canne dans le cul quand tu veux baybé, si y a que ça pour te faire plaisir c’est parti, j’te ferai l’amour sur le fauteuil, tu t’enfileras en amazone sur ma bite et je ferai du wheel-in pour remuer tout ça, ça sera fun et tout. Donc ça change déjà quelque chose en cela que je suis un chouille moins attractif physiquement. Ensuite, pour parler de façon très pratique, ouais, je peux pas prendre toutes les positions. Le missionaire, faut que je relève le cul de ma partenaire pour des raisons d’accessibilité, ça fait prendre une pose assez sexy, finalement l’un dans l’autre on s’y retrouve (hohoho). Et encore, jusqu’il y a peu, je devais me contenter d’être en-dessous, c’est chiant de chercher des positions dans le feu de l’action, faut y réfléchir avant et imaginer ce qui peut être possible, sinon t’essayes des trucs dans le vent et t’es déçu parce que ça marche pas. Serious business. Mais surtout, la question suppose « en quoi ta vie sexuelle est différente de si tu étais pas handicapé ? », et ça mes amis, c’est super complexe. Ca va très très loin. Parce que le handicap ça influe sur des trucs fondamentaux dans ma personnalité, et donc dans ma sexualité. Le côté grande gueule, que j’ai développé je l’ai dit, aussi à cause du handicap, je sais pas si je l’aurais si j’avais pas été handicapé. Et je sais pas si du coup j’aurais mis plus les gens à l’aise, si j’aurais moins fait fuir les filles comme ça. Mais ça va encore plus loin parce que si j’avais pas été handicapé, j’aurais peut-être fait plus de sport, je serais peut-être pas devenu geek, on en sait rien, et peut-être que je serais un gros douchebag qui baise des pétasses par paquets de douze, hein, rêvons un peu.

Une fois j’étais assis sur la terrasse à Romans, et j’essayais de m’imaginer avec des jambes plus longues et moins de muscles aux épaules. Un mec qui aurait passé moins de temps pendant son enfance plongé dans des bouquins. J’ai juste eu une impression comme quoi je serais un grand con de plus, sans grand chose pour me différencier. C’est super con mais être handicapé c’est limite une fierté, un truc qui fait que je peux pas passer inaperçu. Mais là je peux que caricaturer, avec des « et si ». Et ça sert à rien, je peux que faire avec ce que j’ai, c’est pas si mal !

Le truc c’est que si j’étais pas handicapé, je serais pas moi, et puis c’est tout.

(Ah merde, c’est une sorte de concusion ça, non ? Shite.)

De l’avantage du format court

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 9 août 2010 by mabasco

Au collège, mon meilleur pote c’était Alexandre. On était ensemble en primaire mais je crois qu’on se parlait pas trop, et vu qu’on était dans la même classe en 6e (la 6e4 putain !) c’est lui qui a été désigné pour être mon accompagnateur (en gros ça voulait dire pousser mon fauteuil et porter mon sac, on avait la clé de l’ascenseur, on était les rois du monde : « j’peux monter dans l’ascenseur avec vous ? » -« NAN ! »), bref on devenus BFF genre. J’avais une super mauvaise influence sur lui. Ou l’inverse. Whatever.

Bref. Je sais pas comment c’est venu, je crois que ça a commencé par des cadavres exquis, genre y en a un qui met le sujet de la phrase, l’autre met le verbe sans le regarder et le premier met un complément, on faisait ça sur des petits papiers qu’on pliait, c’était cool, à un moment on s’est fait recadrer par notre prof de musique parce qu’il y avait plein de gros mots dedans, alors on a continué mais en restant polis. Les petits papiers on les prenait sur les polycopiés que nous filaient les profs, y avait souvent des marges qu’on pouvait découper, j’en avais plein ma trousse, et j’ai découvert que dessiner en cours ça te déconcentre pas du tout, au contraire même, c’est une bonne manière de se concentrer que regarder ses mains faire de trucs toutes seules, ça laisse le cerveau disponible pour autre chose, me demandez pas comment ça marche, dites-le à vos gosses, c’est tout.

Donc j’ai commencé à dessiner des petites histoires derrière ma trousse, au début c’était court, genre la prof de français qui se fait tuer puis cracher dessus en 4 cases, dessin moche comme il faut, elle a morflé sur des dizaines de petits papiers à la con, celle-là, je kiffais lui étaler les tripes et la cervelle. J’imaginais la petite histoire, je la dessinais au stylo noir en attendant avec impatience le temps de passer au stylo rouge. Si je m’étais fait choper pour ceux-là, putain… Après ça a été des histoires plus longues, les petits papiers s’enchainaient, toujours 6 cases par papier maximum, ça commençait par des petits gags stand-alone avec des persos récurrents, genre un cyborg qui s’appelait Mehdi, puis on passait aux histoires un peu plus longues qui prenaient au moins une dizaine de bouts de papier je kiffais les filer à Alex et le regarder se marrer. J’avais fait un doujin avec Chichi en 6e, c’était trop pourri, mais je kiffais. Ca a dû être le premier truc porno que j’ai fait. Souvenirs… Plein de trucs à base de violence gratuite et de gags de merde.

Alors après, j’ai commencé un blog BD, puis j’ai voulu faire des trucs un peu plus clean, genre AS, je vous en reparlerai, promis. Mais j’ai toujours tendance à avoir des idées pour plein de projets et soit jamais me lancer, soit jamais les terminer (oups, j’avais pas un projet de webcomic en 30 pages en cours moi ? Ah si…), et c’est comme ça depuis des années. Ces derniers temps Warren Ellis, sur son blog, parlait des newspaper strips, format de BD typiquement anglosaxonne, sachant ce que peut avoir de rebutant le fait de lire une histoire non-comique par tout petits bouts. On peut penser que ça casse toute l’intensité, en morcellant l’attention sur des semaines entières. Mais je pense que c’est un truc qui me correspondrait bien, un genre de retour aux sources de ce qui me procurait mon kif au collège.

C’est parfaitement adapté au Net. C’est pas long à faire un strip, donc c’est moins intimidant de se dire « bon aujourd’hui je dois faire un strip, hop je m’y mets et dans une heure j’ai fini » plutôt que se dire « bon, je dois m’avancer dans ma BD, je fais le crayonné d’une page, puis faut que je fasse des recherches pour la deuxième scène, et oh, je dois pas oublier l’encrage des deux pages que je viens de dessiner, oh et puis ça me fait chier, je vais me branler plutôt ». Ca morcelle aussi le temps de travail, et ça c’est ce qu’il me faut je pense. Il y a aussi le fait que j’ai toujours eu le tort de faire avancer trop vite mes histoires, sans faire de scène/case inutile à l’action mais qui donnerait du corps à mon histoire. Là ça transformerait la tare en qualité, si t’as que 3 ou 4 cases et que tu dois quand même choper l’attention de ton lecteur, tu dois faire avancer le bousin, tu peux pas te permettre de perdre une case à montrer juste un paysage ou une merde comme ça. Chieries de paysages, je déteste ces enculés.

Bref tout ça pour dire, ça me trotte dans la tête, j’aimerais bien faire ça. Limite je recommencerais mon truc sur les cartes, là, et je l’adapterais au format strip. Limite. Mais bon, je vais le terminer comme il a été pensé, ça fera quand même un peu plus classe et après je serai débarrassé, je pourrai faire mon idée de strip. Je vous avais dit que j’avais déjà une idée d’histoire ?

La merde ne devient jamais vraie

Posted in Uncategorized with tags , , , on 5 août 2010 by mabasco

Des fois, je me dis que je suis juste un sale enculé. Je suis une grosse feignasse, mais je suis chanceux. Très peu de conneries que je fais ont vraiment une conséquence néfaste, et je pense que je m’en sortirai dans la vie sans trop me fouler jusqu’à la fin.

Ma scolarité, je l’ai passée les mains dans les poches, au primaire et au collège, je laissais à peu près tout le monde derrière moi, sans jamais forcer. Mon leitmotiv pendant les révisions du bac, c’était « travailler, c’est pour les faibles », la provoc’, toujours. Je suis rentré en mise à niveau à Emile Cohl, parce que je dessinais pas assez bien, et franchement eh, comment j’aurais pu dessiner assez bien pour rentrer direct en probatoire (le cursus de Cohl c’est MAN facultative, proba obligatoire, 1ère 2e et 3e année), vu que je me suis jamais forcé ? La MAN c’était super relax, quasiment aucune pression vu qu’on est 40 et qu’à part si tu sèches tout le dernier trimestre, t’es sûr de rentrer en proba (ou alors c’est que t’es vraiment pas fait pour le dessin). On avait des cours c’était pas mal de la branlette, et voilà que je suis en probatoire, shit’s gonna get real, innit ? NO IT AIN’T !

Au milieu de l’année, quand je me rends compte que je suis pas assez bien placé dans le classement pour être à l’abri d’un retournement de situation, je me dis que ça serait pas mal d’avoir une solution de secours, et hop, je me trouve une école de 3D en 3 ans à Bellecour, l’ESIA 3D.

C’est sur entretien, et comme j’ai l’air de quelqu’un qui se donne les moyens de réussir (et c’est vrai. Simplement je me donne les moyens de réussir de justesse), et que j’ai fait un an et demie à Cohl, j’ai un dossier assez solide pour être retenu. Le truc c’est qu’il faut que je donne une réponse définitive en 12 jours, je vous la fais courte, à cette époque j’ai envie de changer d’air, et je pense que le dessin (selon la conception émile-cohlienne), c’est pas fait pour moi, du coup allez hop, je change d’école. J’abandonne l’idée de travailler suffisamment pour passer en 1ère année.

Voilà comment je vois les choses : cet été, je vais toucher un peu à la 3D, finir ma BD, et l’année prochaine je retournerai là où est ma place : en tête de classe, pas le meilleur, parce que faut pas déconner, je veux pas me casser le cul à ce point-là, mais une bonne petite place bien confortable pour mon ego qui en a pris un coup ces deux dernières années.

Oh et je me suis trouvé un job d’été alors que je m’y suis pris en mai, c’est quand même pas mal dans le genre gros enculé de chattard. Un job pendant un mois, juste le temps de commencer à s’ennuyer, qui fait assez classe sur un CV quand t’as aucune expérience professionelle ni  compétence valables.

Niveau coeur, j’ai passé pas mal d’années à être très incertain de l’avenir, mais finalement TWIST dans ma vie : j’ai trouvé une fille qui voulait bien de moi. Et toujours sans en branler une rame pour le mériter, vu que j’ai jamais réussi à draguer. Parce que flemme. Et depuis ça se passe super bien. Bon, c’est récent, mais ça me paraît bien parti. Le reste aussi.

Mais parfois j’ai juste peur de m’être complètement gouré, genre en vrai le monde il serait effectivement dur si on se donne pas les moyens de le conquérir. Si on se casse pas un peu le cul. Mais là, flemme de changer de comportement.