Capital relationnel

Je suis un angoissé des relations sociales. Encore un truc qui doit dater de ma 4e, quand ce connard de Nicolas R. m’a pourri mon année. Ca a commencé parce que mon best bro Alex a redoublé sa 5e et que je me suis retrouvé dans une classe avec plein de gens qui étaient un peu racaille, un peu cons, que j’en aimais aucun et que connement, j’ai pas cherché à m’intégrer. Cible isolée donc facile pour des petits cons qui cherchaient à emmerder quelqu’un. Bon il paraît que j’étais assez bizarre donc que des fois je l’avais un peu cherché mais quand même, je pense pas avoir mérité qu’on vienne me faire chier à chaque fois que j’avais un moment de libre. Ils venaient toujours à trois, se foutre de ma gueule, et comme j’avais pas de pote dans cette classe, et que ça avait l’air de déranger personne (j’ai appris après que c’était aussi qu’ils étaient pas au courant vu que justement ils s’arrangeaient pour venir me voir quand j’étais seul), j’ai fait ma victime en partant du principe que toute la classe était contre moi.

Enfin bref, on était tous des petits cons. Mais 14 ans c’est un peu un âge charnière je crois, c’est le moment où les groupes de potes deviennent mixtes et que tu commences à boire et à fumer, à sortir avec des gonzesses (c’est en gros hein. Je dis pas que y en a pas qui le font avant, je pense juste que ça aurait pu commencer à ce moment-là pour moi), bref à faire ton grand, et avoir un avant-goût des relations humaines telles qu’elles seront plus tard. Parce qu’avant tu vois c’est encore l’enfance, et ça vient naturellement, tu te poses pas trop de questions.

Quand j’ai fini de tirer la pire année de ma vie je suis passé en 3e, et j’avais pris de bonnes résolutions, je me suis dit bon y a des chances que je tombe encore sur une classe de racailles que je connais pas mais faut pas juger et essayer de se faire des potes. Ou au moins d’avoir une entente cordiale dans la classe. J’ai plus ou moins bien réussi mais j’étais djà niqué dans ma tête, j’étais déjà en décalage, j’avais pas de groupe à moi, je passais de l’un à l’autre toutes les 5 minutes parce qu’en gros j’étais jamais dans le trip. Et puis je me posais des questions, trop de questions, je passais mon temps à fantasmer une autre vie dans laquelle j’avais des vrais bons amis, où je sortais avec cette fille, tout ça. Je me demandais toujours si untel m’appréciait vraiment, si je pouvais aller lui parler sans le déranger, si ça allait lui faire plaisir de me voir. Ca fait que j’étais emprunté, pas naturel, que je faisais des blagues à côté de la plaque, et je refusais de comprendre qu’il y a des gens qui ne m’aiment pas ni ne me détestent, mais juste s’en foutent de ma gueule.

Et ça continue vachement aujourd’hui, je psychote encore quand je fais une gaffe, que je suis à côté de la plaque, je me crois revenu en 4e, je suis le mec on sait pas trop ce qu’il fait là avec sa gueule tordue, ses blagues incompréhensibles ou lourdes, ses sujets de conversation qui n’intéressent que lui, même dans sa propre famille. J’ai un irrésistible besoin d’attention, j’ai envie qu’on ait une opinion sur moi, de préférence bonne mais si tu me détestes ça me donne une excuse pour pouvoir te détester en retour alors ça va encore. Je remarque encore vachement quand on m’ignore ou qu’on me fout un vent, je psychote encore sur si ça va pas faire chier d’envoyer un DM à @machin ou @truc vu que je sais pas ce qu’ils pensent de moi au fond, est-ce que ça passe si j’appelle unetelle juste pour prendre des nouvelles alors qu’elle est pas lointaine avec moi mais presque, est-ce que j’ai pas fait mauvaise impression en proposant à une autre de faire un truc genre collaboration dessin/texte avec moi alors que ça a l’air tendu pour elle en ce moment.

J’ai vraiment en gros problème avec ça, je vous demanderai juste un peu d’indulgence parce que depuis 6-7 ans j’essaye de me convaincre que c’est pas grave, qu’il faut que je me focalise sur les gens qui m’aiment bien, que j’accepte qu’il y a des gens avec qui j’ai rien à faire, que je ne peux pas toucher tout le monde. Que si quelqu’un est lointain avec moi c’est pas que je suis un gros con (pas forcément) et qu’il faut d’abord que je me préoccupe d’être quelqu’un de bien avant de penser à la façon dont ils vont me percevoir. C’est comme la BD : si les gens s’intéressent à moi, ça me booste pour y bosser, mais si personne ne le fait je laisse tomber, du coup personne ne peut s’y intéresser. Ma vie est remplie de ce genre de cercles vicieux que je me crée tout seul, simplement en voulant être quelqu’un de cool, pas trop loser. Si je respirais un bon coup et que je laissais les choses venir, ça marcherait mieux. Et ça va mieux depuis un certain temps. Depuis que j’ai des potes, une copine, je suis moins stressé sur ça, du coup j’ai plus de facilité à me faire d’autres potes et je sens que si je me mettais à draguer limite je pourrais en tomber des pas mal.

On ne prête qu’aux riches. On n’aime que les gens qui sont déjà aimés. En 4e j’aurais pu me faire un capital relationnel, j’ai laissé passer le coche. Tant pis, mais depuis un certain temps j’ai l’impression que ma vie ne commence que maintenant, et je regrette le temps perdu. A partir de maintenant faut juste que je sois plus détendu. Que je me pose moins de questions. Mmh.

Ca ira mieux demain.

2 Réponses to “Capital relationnel”

  1. C’est rigolo, je pensais à toi récemment et c’est ça qui m’amène à donner cet avis qui n’engage que moi; et qui se trouve justement pile-poil dans le contexte de ce post.

    Je trouve pas que tu sois un loser, un boulet ou quelqu’un à mettre à l’écart. Mais selon moi et de ce que j’en ai vu, tu te débrouilles très bien et consciemment pour le paraitre et presque l’imposer aux autres; alors qu’au fond c’est pas la vérité.

    Il m’est avis que oui tu est différent, oui tu est un personnage attirant. Au fond, quand on y réfléchit qu’est-ce qui va faire qu’on va te considérer soit comme un loser naze à éjecter ou au contraire quelqu’un d’attachant et enrichissant? La façon dont tout ça est vécu. Alors oui, on peu parler de la stratégie du « filtre à cons ». Ce qu’il faut savoir à ce sujet c’est que ce truc-là ne marche qu’un temps et qu’au final c’est ceux qui l’appliquent en permanence qui passent eux même pour des cons. C’est l’expérience qui parle, ici, très cher. Car à force de loucher à travers cette pseudo opacité pour chercher voir ce qui transparait (assez facilement chez toi fort heureusement) hé bien ça finit trop souvent en jetant l’éponge par dessus l’épaule avec un soupir agacé. D’après ce que j’ai compris tu désires baser une partie de ton charme là dessus, grave erreur car c’est pas là qu’il se situe.

    Et je te rassurerais d’une certaine manière que tu est bien plus un connard et un emmerdeur en ayant d’autres idées et actes que ceux qui conviennent qu’en faisant le merdier décrit plus haut, car par cette forme de provoc tu finis par te mettre à l’écart tout seul de personnes qui au final ce seraient vraiment intéressées à toi.

    Et vu que la provoc j’y répond souvent avec encore plus de provoc, mais avec un détachement total de ma personne (cela va sans dire, bien entendu mais je tenais à le notifier), c’est ce qui m’a amenée à te unfollow sur Twitter, au départ.

    Pour conclure, sois toi-même c’est largement suffisant pour attirer les gens dans ton cas. Pas besoin de ces faux semblants, avec ça, tu te mets toi même ton pied au cul à travers la porte.

    Be yourself, assho… Bro.
    Iso.

    • Merci pour ce commentaire constructif et argumenté (pour le moins).
      Ca va mieux merci. Comme je le disais, je prends progressivement et de plus en plus compte de ce genre de trucs, et je modifie peu à peu mon image de marque. Disons que j’attends d’être un minimum en confiance avec une personne pour faire le genre de blagues vaseuses qui me les aliène à la base, je les teste, non pas pour les filtrer (il y a des personnes tout à fait bien qui le sont un peu trop pour me supporter à plein régime, justement), mais pour établir des paliers, savoir jusqu’où je peux aller dans la bizarrerie avec qui.
      Et tu as raison, j’ai longtemps eu l’attitude qui faisait que j’imposais une certaine image de moi loser et boulet, mais ça va mieux. Depuis peu. Quelque chose comme un peu plus de trois mois, juste avant de commencer à sortir avec ma copine. Plus détendu, moins aggressif dans mon humour, plus mainstream en essayant de pas non plus devenir chiant… C’est un équilibre que je commence à trouver, le jour où Sarah me largue, j’espère ne pas le perdre.
      Voilà et pour finir, je croyais que tu m’avais unfollowé à cause de tes seins (majestueux est le mot) et de tout ce qui tourne autour genre moi à une certaine époque. Ca y est, ils ne hantent plus mes nuits, ça va mieux merci.

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