Mec

Un pote m’a demandé un scénar de BD. Ya toute une méthode pour écrire un vrai scénar de BD, j’ai préféré m’en foutre. C’est donc une libre interprétation de la chanson « Mec » d’Allain Leprest, dont j’aime surtout beaucoup  la reprise de Loïc Lantoine. Le pote en question dit beaucoup « mec ».

Séquence 1 :

Image : Deux ados, l’un grand et réservé, calme et fort, l’autre, une tête de moins, l’air chafouin et gouailleur, ils se fument des clopes en faisant le mur de l’école. Ils draguent la même fille dans un café miteux, qui a l’air goguenarde. Ils se battent pour elle, mais se rendent vite compte qu’elle est partie avec un autre grand con. Du coup ils se battent contre lui aussi, pendant que la fille regarde, effrayée, puis vont noyer leurs blessures dans une bouteille en rigolant.

Texte : Mec, tu t’souviens, on était beaux, hein ? Avec nos mèches au vent, on la jouait mauvais garçons, on claquait le fric de nos parents dans tout ce qui était mauvais, putain, tu t’souviens toutes mes conneries mec ? Ben non, forcément, j’en disais tellement, et toi t’écoutais avec toujours cet air de me pardonner. T’étais bien le seul, tiens.

Séquence 2 :

Image : Les deux sont plus vieux.Genre la vingt-cinquaine. Le grand lit le journal à la terrasse du même café, l’autre lui raconte des conneries, deux jeunes femmes arrivent, ont l’air de l’engueuler pour quelque chose dont il essaye de se dépêtrer, sûrement une histoire de coucherie. Le grand sort son harmonica, commence à en jouer tandis qu’une jolie fille à l’air sage vient s’asseoir sur ses genoux, l’écoutant. Le petit se rassoit, l’air très contrarié, s’allume une clope, le patron leur apporte des cafés.

Texte : Mec toi t’avais la musique, t’avais Emilie, moi j’les comptais plus et je jouais que du violon, ça me faisait d’autant à t’raconter. C’est dur d’être gouailleur comme moi, à côté d’un mec comme toi. Mais tu m’a appris plus de choses que l’inverse, il me semble bien. Mec j’te l’ai jamais dit, j’étais presque amoureux, mais j’te le dirai jamais. Emilie était bien assez jalouse de moi comme ça. Alors entre deux cahouètes sur la terrasse du Pierrot, je te ressortais les mêmes bons mots, et toi tu souriais, et ça m’rendait heureux, tu peux pas savoir, mec.

Séquence 3 :

Image : Sur le journal, une photo d’armées en marche, ça parle de guerre. Ils montent dans un camion militaire. La fiancée du grand est là, contenant sa tristesse, tandis qu’une dizaine de filles se moquent du petit, qui leur fait une révérence et leur jette un bouquet, qu’elles lui balancent à la gueule. Cettte fois il n’en perd pas le sourire, mais dans le camion, les deux amis se jettent un regard effrayé. Explosions et morts, le grand, nonchalant, joue de l’harmo dans une tranchée, un soldat ennemi se jette sur lui avec un couteau. Le petit lui met un coup de coude, s’ensuit une mêlée, le petit ceinture l’autre soldat, tandis que le grand l’éventre, le sang et les tripes jaillissent, ils regardent horrifiés la mort s’emparer des yeux du soldat, qui a soudain l’air moins féroce, plus humain, jeune. Les amis fument en tremblant, le petit raconte des conneries pour réconforter son pote. On voit la boucherie tout autour, l’harmonica qui gît dans la boue.

Texte : C’était le bon temps hein mec… Les heures noires, on les a connues ensemble, comme tout le reste d’ailleurs. La fumée s’élevait plus de nos clopes, et moi j’embobinais plus les filles, juste les galonnés, c’était toi qui me sauvais la vie quand même. Quand j’ai pu te le rendre, tu parles que je me suis privé.La guerre c’est pas marrant, poil aux dents. Avant la fin on était plus les mêmes mecs. Mais je noyais toujours ma tristesse dans les mots, toi tu étais assez silencieux pour deux, mais ça disait la même chose, et puis la vie continue, hein mec ?

Séquence 4 :

Image : A la terrasse du bar du départ, devenu un PMU. Le petit, devenu vieux, les cheveux filasses, la face burinée, fume des gitanes maïs en regardant son petit blanc. Il sort, la patronne lui rappelle son ardoise, sur la terrasse deux jeunes fringants et mauvais genre lorgnent vers une donzelle bien sapée qui fume en lisant un polar. Il passe devant leur vieille école, où une fille passe à travers le grillage tandis que son copain l’attend sur un scooter. Au cimetière, il pose un harmonica sur une tombe. Il s’allume une dernière clope en regardant la tombe de son ami, reposant au côté de sa femme.

Texte : Mec ! Toujours silencieux, j’entends quand t’es pas là. Ca m’fait presque comme une main qui m’manque. Moi j’finirai seul, pas comme toi mec, toi t’as toujours su t’entourer, du coup j’ai la fierté d’en avoir été, du bateau de ta vie. J’aurais été la vigie, ou le mousse, selon l’humeur. Toi t’as toujours été un capitaine, mec, la petite musique de ton harmo qui faisait comme des ordres lancés à la mer. Mec on a tout vécu, et sans toi c’est pas vivre. Mec… Je fumerai bientôt les clous de mon cercueil, alors file-moi une dernière clope, mec, pour me clouer le bec.

Loïc Lantoine – Mec

Une Réponse to “Mec”

  1. Bien, maintenant t’as plus qu’à faire le case-par-case. Allez hop !😛

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