Handicap

Je suis handicapé. Les gens me posent assez régulièrement des questions là-dessus. Je pense que c’est un des rares sujets sur lesquels j’ai une certaine légitimité à m’exprimer, et peut-être dire quelque chose d’intéressant en passant.

Bon déjà je vais dans une première partie exposer en quoi ça consiste pour moi mon handicap. Et puis je répondrai à quelques questions qui reviennent. Genre si c’est pas trop dur la vie tous les jours. Et puis je répondrai à une question qu’on m’a posé qu’une fois mais qui m’a tellement plu que le mec qui l’a posé est devenu un de mes meilleurs amis EVAR.

Je ferai pas de conclusion, c’est pour les tas de bois tout ça.

Mon handicap c’est de naissance, déjà j’ai pas le même vécu que pas mal de gens en fauteuil que je connais. J’ai une colonne vertébrale un peu raccourcie, et on m’a expliqué que quand t’es dans le ventre de ta mère, ton corps se construit à partir des nerfs, et les nerfs partent de la colonne, ce qui fait que mon corps est atrophié à peu près à partir du sacrum. Certains tendons sont trop raides, je ne peux pas vraiment écarter les jambes ou plier le genou à plus de 90°. Ensuite, niveau conséquence, je peux me déplacer debout, j’ai pas de problème de motricité au niveau des bras et du torse, j’ai des abdos. Je ne suis pas à ma connaissance handicapé mentalement, j’ai des sensations et même un peu de muscles dans les jambes. Tous ces trucs réunis font de moi ce que mon père appelle « un handicapé de luxe », c’est à dire que je ne suis pas très handicapé. Je vous raconte tout ça pour que vous sachiez que je sais que je suis un cas un petit peu à part, sachant qu’il n’y a que des cas à part quand on parle de ce genre de choses. Que je suis un peu privilégié. Le handicap ne m’handicape pas beaucoup dans la vie. Ce qui m’amène à ma deuxième partie :

Ca doit pas être facile tous les jours. J’ai pas tout dit, y a certains trucs un peu dégueu que je raconte qu’à partir d’un certain niveau d’intimité, et ouais, c’est un peu relou pour trouver un club de sport, mais dans l’ensemble ça va. Les gens sont sympa dans la rue. Des fois un peu trop. Sérieux si je demande pas d’aide c’est que j’en ai pas besoin. Ou alors tu peux me proposer ton aide. Mais ne me l’impose pas, s’il te plaît, et si je te dis que c’est bon ça va, n’insiste pas. Je sais que ça part d’un bon sentiment et que je donne des fois l’impression de galérer pour ouvrir une porte, mais c’est juste chiant que tu viennes me l’ouvrir alors que je peux le faire tout seul, même si ça me prend un peu de temps et d’effort c’est gratifiant de pouvoir faire ce genre de choses quand c’était pas gagné à la base, viens pas me pourrir mon groove. Merci. Nan mais sinon, sérieux, ça change pas tant de choses que ça j’ai l’impression.

Comment tu fais pour te déplacer ? Pour la question de la mobilité, je suis encore assez bien tombé, je roule en fauteuil pour les longs trajets (comme un fou. Les gens osent pas trop gueuler mais je me mange quand même des sales regards. M’en fous, ça fait depuis le collège que je rentre plus dans personne), j’aime bien, c’est un sport de glisse comme un autre au fond, ça me fait des jolis bras. Et à l’intérieur, quand je dois pas rester trop longtemps debout (j’ai du mal à tenir plus de dix minutes, j’ai vite mal au dos), je suis en cannes anglaises (je déteste le mot béquilles), j’arrive à tenir debout et même faire quelques pas sans, mais c’est pas vraiment pratique. Marrant, quand les gens utilisent l’expression « cloué sur un fauteuil roulant », je pense moi c’est l’inverse, le fauteuil je maîtrise complètement, je fais le fou avec, je suis libre dans la rue quand j’ai mon fauteuil, je kiffe. A Lyon j’ai aucun problème avec le métro, à part à cette pute de Saxe-Gambetta, quand pour reprendre direction Part-Dieu y a ni escalator (je maîtrise l’escalator aussi, il paraît que c’est interdit, je m’en contrebranle) ni ascenseur et que dois demander aux gens autour, sachant qu’il faut que j’anticipe, ces cons ils se barrent rapidement et après je dois attendre la prochaine fournée. Sinon j’ai mon permis depuis Noël, je l’ai passé en conduite accompagnée, c’est facile, y a un cercle t’appuies dessus ça fait accélérateur, et une manette à côté, pareil t’appuies et ça freine, et tu t’en branles des vitesses, c’est une automatique.

T’es pas des fois discriminé à cause de ça ? Heureusement pas trop. Ce genre de connards est rare, il existe, mais je pense qu’au final, le handicap est assez tabou pour que les gens aient plutôt envie d’être spontanément un peu plus gentils avec moi qu’avec quelqu’un d’autre. C’est pas tout à fait mauvais en soi, hein, juste un peu embarrassant. Un des trucs qui font que j’ai un caractère un peu tape-à-l’oeil : j’ai envie que les gens se fassent une « vraie » opinion de moi, quitte à ce qu’ils me détestent, donc je montre directement mon côté exubérant et hum, « radical », j’ai pas mal de réactions de rejet ou de mal à l’aise, mais au moins, j’ai assez vite dépassé le côté « oh le pauvre à peine 20 ans il est en fauteuil ah là là ça doit être bien triste ». Il y a des gens sur lesquels cette méthode ne marche pas du tout. Ca fait quelques années, j’allais chez un kiné à côté de chez moi, et chaque semaine je tombais sur un couple de vieux, le mec, avec son béret et son veston avec toujours ses médailles accrochées, droit et digne, allait chercher sa vieille qui faisait sa rééducation. Et à chaque fois que je les croisais, il me faisait en prenant sa vieille à parti, « ah là là c’est triste, un jeune gars comme vous, moi ça me fait mal au coeur » et j’avais beau lui expliquer, que c’est pas pour ça que je pouvais pas avoir d’amis, ou bien tomber amoureux, ou réussir professionellement, lui voulait absolument se sentir triste pour moi. Très horripilant. Cela dit, j’ai le même genre de réflexes devant un mec tétraplégique ou handicapé mental. Je crois que je suis passé trop près de l’être (les médecins disaient avant que je naisse qu’il y avait de grandes chances que j’ai des problèmes cardiaques et respiratoires, du genre à devoir vivre avec ma bonbonne d’oxygène) pour être à l’aise. Vivre dans un centre pour handicapé, j’ai beau me dire que c’est pas la mort, ça me dégoûte. Après c’est comme le racisme ou l’homophobie, c’est des réflexes contre lesquels j’essaie de lutter. M’empêcher de faire de la discrimination positive aussi. Je suis tellement souvent dans la position du mec faible que j’ai pas envie de leur faire ressentir la même chose. Ca marche aussi avec les femmes. Le sexisme ordinaire ça marche sur le même principe que la pitié envers les handicapés. C’est aussi pour ça que j’adore l’humour raciste, mysogine, et surtout l’humour noir sur les handicapés. Parce que j’aime pas que ça soit un tabou. Et que le meilleur moyen pour désamorcer ça c’est d’en rire, tant que t’as un minimum de conscience derrière.

Maman, il a mal le monsieur ? Non. (je précise que jusqu’au lycée à peu près, je recevais du « petit garçon », probablement parce que je ne dépasserai jamais 1m50, MAIS ENFIN BON QUOI MERDE PUTAIN) C’est pas parce que j’ai des jambes malingres et genre tordues qu’elles me font mal. Je vais pas me taper de la Vicodin toute la vie, merci bien. Aussi, toutes les versions de « Papa, pourquoi il est en fauteuil » ou « Mamie, le monsieur il est handicapé » où là les parents essayent d’expliquer à leur gosse qu’il faut pas en parler trop fort et que ça va me gêner (pas faux, jusqu’à un certain âge ça m’emmerdait. Plus maintenant, maintenant je me dis que c’est bien humain, j’ai fait pareil chuis sûr, qui suis-je pour juger, que celui qui n’a jamais mis une pierre dans l’oeil de son voisin me jette la première poutre), tout en le tirant pour l’emmener plus loin depeur que je leur jette un regard noir #mortdelol. Honte, honte. Nan le pire, c’est le gamin qui te fixe sans rien dire, genre t’es une bête de foire. Et tu le fixes en retour pour qu’il comprenne que c’est pas poli. Et lui il s’en fout. Ah le bâtard. Le prochain j’le nique, genre je lui tape la honte devant ses parents et après il se mange une raclée. Ouais, je fais ça. Enculé. « Des angkulays d’engfang ! »

Et là, je crois que je vais me fendre d’une bonne petite logorrhée pour une question que j’adore. Elle m’a été posée par un gars que je connaissais pas vraiment, genre juste après de la question rituelle « si ça te dérange pas d’expliquer, pourquoi t’es en fauteuil », et ça m’a vraiment surpris. Mais le côté sans gêne, ça m’a plu, et en plus c’est une question à laquelle (vous vous en doutez) j’ai pas mal réfléchi. Y a un an j’avais pas grand chose à répondre, mais maintenant j’ai pécho des XP et levellé ma race, donc je peux un peu plus répondre.

Ca change quelque chose pour ta vie sexuelle ? Hahahahahahahahahaha, Robin, si tu me lis, j’te kiffe à l’intérieur mec. Alors. Bon déjà. C’est la question que pas mal de gens doivent se poser mais ils me le disent jamais. Après, comme j’ai des jambes toutes moches et que je suis en fauteuil, à part les fétichistes, et malheureusement j’en ai pas croisé pour l’instant, c’est dommage, la canne dans le cul quand tu veux baybé, si y a que ça pour te faire plaisir c’est parti, j’te ferai l’amour sur le fauteuil, tu t’enfileras en amazone sur ma bite et je ferai du wheel-in pour remuer tout ça, ça sera fun et tout. Donc ça change déjà quelque chose en cela que je suis un chouille moins attractif physiquement. Ensuite, pour parler de façon très pratique, ouais, je peux pas prendre toutes les positions. Le missionaire, faut que je relève le cul de ma partenaire pour des raisons d’accessibilité, ça fait prendre une pose assez sexy, finalement l’un dans l’autre on s’y retrouve (hohoho). Et encore, jusqu’il y a peu, je devais me contenter d’être en-dessous, c’est chiant de chercher des positions dans le feu de l’action, faut y réfléchir avant et imaginer ce qui peut être possible, sinon t’essayes des trucs dans le vent et t’es déçu parce que ça marche pas. Serious business. Mais surtout, la question suppose « en quoi ta vie sexuelle est différente de si tu étais pas handicapé ? », et ça mes amis, c’est super complexe. Ca va très très loin. Parce que le handicap ça influe sur des trucs fondamentaux dans ma personnalité, et donc dans ma sexualité. Le côté grande gueule, que j’ai développé je l’ai dit, aussi à cause du handicap, je sais pas si je l’aurais si j’avais pas été handicapé. Et je sais pas si du coup j’aurais mis plus les gens à l’aise, si j’aurais moins fait fuir les filles comme ça. Mais ça va encore plus loin parce que si j’avais pas été handicapé, j’aurais peut-être fait plus de sport, je serais peut-être pas devenu geek, on en sait rien, et peut-être que je serais un gros douchebag qui baise des pétasses par paquets de douze, hein, rêvons un peu.

Une fois j’étais assis sur la terrasse à Romans, et j’essayais de m’imaginer avec des jambes plus longues et moins de muscles aux épaules. Un mec qui aurait passé moins de temps pendant son enfance plongé dans des bouquins. J’ai juste eu une impression comme quoi je serais un grand con de plus, sans grand chose pour me différencier. C’est super con mais être handicapé c’est limite une fierté, un truc qui fait que je peux pas passer inaperçu. Mais là je peux que caricaturer, avec des « et si ». Et ça sert à rien, je peux que faire avec ce que j’ai, c’est pas si mal !

Le truc c’est que si j’étais pas handicapé, je serais pas moi, et puis c’est tout.

(Ah merde, c’est une sorte de concusion ça, non ? Shite.)

17 Réponses to “Handicap”

  1. […] Je suis handicapé. Les gens me posent assez régulièrement des questions là-dessus. Je pense que c'est un des rares sujets sur lesquels j'ai une certaine légitimité à m'exprimer, et peut-être dire quelque chose d'intéressant en passant. Bon déjà je vais dans une première partie exposer en quoi ça consiste pour moi mon handicap. Et puis je répondrai à quelques questions qui reviennent. Genre si c'est pas trop dur la vie tous les jours. Et puis je r … Read More […]

  2. […] Je suis handicapé. Les gens me posent assez régulièrement des questions là-dessus. Je pense que c'est un des rares sujets sur lesquels j'ai une certaine légitimité à m'exprimer, et peut-être dire quelque chose d'intéressant en passant. Bon déjà je vais dans une première partie exposer en quoi ça consiste pour moi mon handicap. Et puis je répondrai à quelques questions qui reviennent. Genre si c'est pas trop dur la vie tous les jours. Et puis je r … Read More […]

  3. *
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    Bien merci à vous !…

    De cette « French Touch » dans ma gueule …

    A plus loin …

    *

    Mandragaure/Alias Caffe_Rouge
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    *

  4. il est bien ton post. t’écris bien je trouve. assez franco mais au moins ça sonne plus vrai que des tas d’autres trucs qu’on peut lire. je reviendrai voir ton blog du coup… a+

  5. Putain tu balances bien la dedans ! Je me suis marrée du début à la fin. ‘faudra que tu m’fasses essayer le coup de la canne dans le cul et du wheel-in ! Héhéhé

    Nan, sérieusement, j’crois qu’avec ça tu nettoies toutes les questions que les gens se posent en te voyant débarquer avec tes épaules géantes, tes mini-jambes et ta GRAAAANDE GUEULE !😀

  6. tshirtman Says:

    « que celui qui n’a jamais mis une pierre dans l’oeil de son voisin me jette la première poutre »

    Ahaha! j’aime bien mélanger les mots, mais là tu fais fort🙂 j’aime!

    Sinon t’as raison, je pense que tout le monde se pose cette question, mais alors la poser oO? Chapeau au mec qui la fait. Content que la réponse soit « ça va pas trop mal, on fait avec » (ou un truc du genre) c’est toujours ça de prit ^^.

    Pour le reste, c’est vrai que c’est difficile de savoir comment se positionner, bien sur qu’on remarque un handicapé quand on en croise un, mais si on le fixe trop, en effet y’a de quoi le mettre mal à l’aise je pense, et au contraire le fuire du regard, ben c’est pas sympa non plus, ça doit lui donner l’impression d’être un monstre… je me pose sans doute trop de question…

    Enfin voilà, je pense qu’avoir un handicap n’empèche pas d’avoir une vie heureuse, si tout le monde te fais pas chier avec ça, je me souvient d’une vidéo d’un mec (très sérieusement handicapé de naissance, n’ayant qu’un bras atrophié et pas de jambes) qui expliquait que sa vie valait le coup quand même, et il était pas malheureux, c’était un battant, c’était assez magique d’un coté se dire qu’on a pas franchement de raison d’être malheureux si lui ne l’est pas, et de l’autre de voir toute la sagesse que lui avait apporté son handicap…

    Je ne retrouve pas cette vidéo pour l’instant, mais si quelqu’un connait j’aimerai bien la revoir…

  7. Minorité Says:

    Dans le milieu étudiant médecine/pharma dans lequel j’évolue, cette « vulgarité » (je tiens aux guillemets) n’est pas tellement blâmée. Beaucoup se réclament même de l’esprit Rabelaisien. Et je leur donne raison, tout comme je te donne raison. Tant qu’on reste entre comprenants et consentants, qu’il n’y a pas d’enfant au milieu, why not ? (en fait c’est exactement comme le cul.)

    Sur ce, allez vous faire acculer sales fils de pute pute pute

    PS: Tu es bien dur avec toi-même (cf. « Mon nouvel article est vachement moins bon que le dernier ») . Moi il me plait bien cet article. Je crois même que je kiffe ce blog. Allez hop, je m’abonne ! J’adore ton style brut, très « oral » et franco. Un peu à la Bret Easton-Ellis, je trouve, même si ça fait un bail que je n’en ai plus lu

  8. Minorité Says:

    Vous aurez tous reconnu le looseur qui se trompe d’article….

  9. Chouette post (sans déconner t’écris bien, continues).
    Et sinon, j’ai eu l’occasion de me balader un peu en fauteuil il y a quelques jours et c’était assez marrant, quand tu commences à maîtriser, tu t’aperçois qu’en fait tu vas plus vite que les gens qui marchent. Mais surtout, je voulais te demander, tu te sens pas une connexion avec les enfants dans les poussettes ? Parce que moi j’ai remarqué que certains me fixaient comme si j’étais l’une des leurs. Et c’était assez drôle à remarquer.
    Sinon, petite anecdote,
    Quand j’étais petite, j’étais avec ma mère au Prisunic et on a croisé un mec en fauteuil. J’ai dit à ma mère : « Il a de la chance le monsieur ! Il a pas besoin de marcher ! » Elle avait pas l’air d’accord sur le côté chanceux… Mais moi j’ai toujours été une grosse feignasse et ça me faisait rêver. En vrai ça fait bien travailler les bras, c’est l’arnaque. D’ailleurs, tu peux aller partout ou y’a des moments où t’as besoin qu’on te pousse (dans les côtes genre) ? Et autre question. T’as pas des préférences sur les gens qui te poussent ? J’ai trouvé que c’était pas agréable d’être poussée par quelqu’un qu’on n’aime pas spécialement, comme si c’était vaguement intime…

    • Tu soulèves des points intéressants et tout à fait pertinents, je n’en attendais pas moins de toi🙂
      Je vais effectivement beaucooup plus vite que les gens qui marchent, mais je pense que là aussi je suis minoritaire. La connexion avec les poussettes ne m’est apparue qu’assez récemment, du style le gamin qui te regarde en pensant « waaah il est adulte et quand même en poussette ? » mais tu sais pas trop s’il te méprise parce que lui dès qu’il a l’occasion d’en sortir il va courir partout ou bien s’il est jaloux parce que toi tu décides toi-même où tu vas. Et moi j’aime bien faire travailler mes bras (même si j’ai des courbaputaindetures en permanence…
      Quand je suis accompagné, j’ai tendance à vouloir me faire pousser par défaut, mais pas parce que je suis feignant (ou si peu), plutôt parce que y a justement un décalage de vitesse entre quelqu’un qui marche à allure normale et moi qui roule à mon allure normale, sachant que celle-ci c’est VITE. Du coup je suis tout le temps obligé de composer, je suis soit devant soit derrière, quand je suis derrière j’ai l’impression d’être à l’écart, quand je suis devant je peux pas voir les gens avec qui je suis, c’est super chiant, je préfère me faire pousser, comme ça on peut discuter. Parce que oui, aller lentement en fauteuil non seulement c’est chiant, mais c’est fatiguant. Sérieux.
      Après on remarque vraiment, au-delà de l’expérience, qu’il y a vraiment des différences de poussage. J’ai une soeur qui quand elle me pousse, est vachement brutale, virages serrés et pour les trottoirs c’est à la bourrin. A l’opposé, j’aime pas trop quand ma copine me pousse, parce qu’elle est trop douce, elle marche assez lentement, et pour moi qui ai une conduite sportive par ailleurs, c’est suuuuuuuper chiant, mais alors rien à voir avec l’intimité ou quoi, je l’adore, c’est pas le problème. Les gens que j’aime pas, ils ne me poussent pas, c’est tout. Ou alors c’est les chefs de gare à la SNCF qui veulent pas comprendre que je me débrouille tout seul pour les suivre quand il faut traverser les voies parce qu’il n’y a pas d’ascenseur. C’est chiant parce qu’effectivement, y a quelque chose d’intime à te faire manoeuvrer comme ça sans pouvoir trop contrôler où tu vas. Mais bon je m’y suis fait, résister et vouloir absolument garder ta liberté de mouvement quand en face ça comprend pas, ça fait que perdre du temps et passer pour un connard des fois, autant ravaler sa fierté et laisser faire, c’est pas long généralement.

      Alors par contre, y a le truc qui me donne envie de foutre des pains à tous les connards qui me l’ont fait (plus trop maintenant, faut croire que je fais un peu plus peur), c’est qu’au collège et même une ou deux fois au lycée, un salopard arrive derrière moi et me prend par les poignées (oui, « me », le fauteuil quand je suis dessus c’est un prologement de moi-même), en me secouant, me faisant faire des tours tout en imitant le bruit des voitures de course. Une telle négation du fait qu’on se connaît pas et que c’est SUPER impoli, ça me grrrrrrgnnnnhihihiihiblblblblbl. Ouais, tout ça. C’est juste un peu moins pire que les gens qui t’aident dans une côte alors que t’as rien demandé. Je veux dire, tu vois uyne petite vieille qui galère pour marcher, tu vas pas la prendre par les épaules et la pousser dans la bone direction, si ? Ben le fauteuil c’est pareil. Tu risques surtout de casser l’enchaînement de mouvement que je fais pour m’en sortir tout seul, me déséquilibrer et me rendre la tâche encore plus difficile, en même temps que me faire me sentir dévalorisé. Pareil quand je suis en cannes, que je fais un faux mouvement et que je tombe, le mauvais réflexe c’est de chercher à me rattraper. J’ai appris à tomber à 3 ans, je me suis jamais fait mal, le réflexe est super ancré. Si tu essayes de me rattraper tu vas juste perturber en fait, surtout que normalement je suis debout deux secondes plus tard.
      Ouais voilà, c’est juste une question de se sentir libre de ses mouvements, effectivement, si quelqu’un entre dans ma sphère d’intimité sans que je lui demande rien, je me sens un peu violé. Sans vouloir manquer de respect aux gens qui se sont vraiment fait violer, hein.

  10. Minorité Says:

    Compte tenu de l’actu sportive du moment, je me pose une question: tu peux nager ?

  11. Ouh, j’ai kiffé, mec. J’ai même loled un peu sur le saikse. J’avoue, j’ai failli te tripoter en public voir si ça marchait normalement. KRKRKR

    Hey, je devrais peut-être faire un article comme ça aussi ?

    • Un article sur quoi ? La sexualité des gays ? Et euh. T’aurais pu essayer de tester, mais je pense que le test aurait été plus probant si mené par Lina😀

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