De l’avantage du format court

Au collège, mon meilleur pote c’était Alexandre. On était ensemble en primaire mais je crois qu’on se parlait pas trop, et vu qu’on était dans la même classe en 6e (la 6e4 putain !) c’est lui qui a été désigné pour être mon accompagnateur (en gros ça voulait dire pousser mon fauteuil et porter mon sac, on avait la clé de l’ascenseur, on était les rois du monde : « j’peux monter dans l’ascenseur avec vous ? » -« NAN ! »), bref on devenus BFF genre. J’avais une super mauvaise influence sur lui. Ou l’inverse. Whatever.

Bref. Je sais pas comment c’est venu, je crois que ça a commencé par des cadavres exquis, genre y en a un qui met le sujet de la phrase, l’autre met le verbe sans le regarder et le premier met un complément, on faisait ça sur des petits papiers qu’on pliait, c’était cool, à un moment on s’est fait recadrer par notre prof de musique parce qu’il y avait plein de gros mots dedans, alors on a continué mais en restant polis. Les petits papiers on les prenait sur les polycopiés que nous filaient les profs, y avait souvent des marges qu’on pouvait découper, j’en avais plein ma trousse, et j’ai découvert que dessiner en cours ça te déconcentre pas du tout, au contraire même, c’est une bonne manière de se concentrer que regarder ses mains faire de trucs toutes seules, ça laisse le cerveau disponible pour autre chose, me demandez pas comment ça marche, dites-le à vos gosses, c’est tout.

Donc j’ai commencé à dessiner des petites histoires derrière ma trousse, au début c’était court, genre la prof de français qui se fait tuer puis cracher dessus en 4 cases, dessin moche comme il faut, elle a morflé sur des dizaines de petits papiers à la con, celle-là, je kiffais lui étaler les tripes et la cervelle. J’imaginais la petite histoire, je la dessinais au stylo noir en attendant avec impatience le temps de passer au stylo rouge. Si je m’étais fait choper pour ceux-là, putain… Après ça a été des histoires plus longues, les petits papiers s’enchainaient, toujours 6 cases par papier maximum, ça commençait par des petits gags stand-alone avec des persos récurrents, genre un cyborg qui s’appelait Mehdi, puis on passait aux histoires un peu plus longues qui prenaient au moins une dizaine de bouts de papier je kiffais les filer à Alex et le regarder se marrer. J’avais fait un doujin avec Chichi en 6e, c’était trop pourri, mais je kiffais. Ca a dû être le premier truc porno que j’ai fait. Souvenirs… Plein de trucs à base de violence gratuite et de gags de merde.

Alors après, j’ai commencé un blog BD, puis j’ai voulu faire des trucs un peu plus clean, genre AS, je vous en reparlerai, promis. Mais j’ai toujours tendance à avoir des idées pour plein de projets et soit jamais me lancer, soit jamais les terminer (oups, j’avais pas un projet de webcomic en 30 pages en cours moi ? Ah si…), et c’est comme ça depuis des années. Ces derniers temps Warren Ellis, sur son blog, parlait des newspaper strips, format de BD typiquement anglosaxonne, sachant ce que peut avoir de rebutant le fait de lire une histoire non-comique par tout petits bouts. On peut penser que ça casse toute l’intensité, en morcellant l’attention sur des semaines entières. Mais je pense que c’est un truc qui me correspondrait bien, un genre de retour aux sources de ce qui me procurait mon kif au collège.

C’est parfaitement adapté au Net. C’est pas long à faire un strip, donc c’est moins intimidant de se dire « bon aujourd’hui je dois faire un strip, hop je m’y mets et dans une heure j’ai fini » plutôt que se dire « bon, je dois m’avancer dans ma BD, je fais le crayonné d’une page, puis faut que je fasse des recherches pour la deuxième scène, et oh, je dois pas oublier l’encrage des deux pages que je viens de dessiner, oh et puis ça me fait chier, je vais me branler plutôt ». Ca morcelle aussi le temps de travail, et ça c’est ce qu’il me faut je pense. Il y a aussi le fait que j’ai toujours eu le tort de faire avancer trop vite mes histoires, sans faire de scène/case inutile à l’action mais qui donnerait du corps à mon histoire. Là ça transformerait la tare en qualité, si t’as que 3 ou 4 cases et que tu dois quand même choper l’attention de ton lecteur, tu dois faire avancer le bousin, tu peux pas te permettre de perdre une case à montrer juste un paysage ou une merde comme ça. Chieries de paysages, je déteste ces enculés.

Bref tout ça pour dire, ça me trotte dans la tête, j’aimerais bien faire ça. Limite je recommencerais mon truc sur les cartes, là, et je l’adapterais au format strip. Limite. Mais bon, je vais le terminer comme il a été pensé, ça fera quand même un peu plus classe et après je serai débarrassé, je pourrai faire mon idée de strip. Je vous avais dit que j’avais déjà une idée d’histoire ?

2 Réponses to “De l’avantage du format court”

  1. tu me ramènera ta bd de pr0n avec chichi quand tu viens, je me dois de voir ça

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